12 avril 2014

Le ciel, le soleil et la mer.

Samedi 1 Mars

Si le vent soufflait en tempête dans la nuit, ce matin c'est calme plat, presque surprenant, même si je suis à l'arrière des dunes, donc à l'abri.

Évidemment je vais vers la côte à une centaine de mètres seulement, le vent est vraiment tombé, par contre la houle soulève encore de gros rouleaux qui déferlent sur la plage même à la marée descendante.



L'accès à la plage n'est pas aisé, la marche est un peu haute pour y descendre, pas moins de 3 mètres, je ne chercherai pas un autre endroit plus accessible et utilise la méthode toboggan, me laissant glisser jusqu'en bas, ce matin je retrouve enfin le littoral.

Là, pas de surprise, les détritus de tout genre sont au rendez vous.






Je reprends donc ma marche sur le sable, le long de l'océan pas très accueillant. 




En fait si l'endroit parait calme, il faut se méfier car il peut devenir dangereux. En effet nous sommes à une période de gros coefficients de marée et la mer monte très haut sur la plage, surtout avec les dernières tempêtes et la houle énorme qui en résulte, de ce fait à marée haute on peut se retrouver pris au piège. 



Je suis descendu sur la plage en glissant le long de la dune sur 3 mètres, mais il m'aurait été impossible de remonter au même endroit, la dune est rongée par la mer et bien souvent on longe un véritable mur à la verticale de près de 10 mètres de haut et ceci pendant des centaines de mètres, sans échappatoire.

















Heureusement je suis tranquille jusqu'en début d'après midi et sortirai de la plage au Porge-Océan situé à 11 km de là, après avoir longé le village naturiste (en été) de la Jenny, en attendant je poursuis en observant les tableaux abstraits fait par le sable...



... ou encore les mouettes que j'essaie de photographier, ce qui n'est pas très facile, régulièrement je vois un groupe posé près de l'eau à une centaine de mètres, que je tente d'approcher et qui décolle avant que je sois suffisamment près, et recommence un peu plus loin avec le même groupe, sans plus de succès.





Parvenu au Porge, je quitte le sable pour retrouver la piste cyclable car je ne suis pas certain de trouver une issue possible avant Lacanau, déjà la sortie ici n'est pas évidente avec le poids du sac à dos. 










Parvenu à une aire de pique-nique à la sortie du Porge, j'en profite pour le casse croûte sur une table avant de reprendre ma vadrouille le long de la piste.




La végétation ici est luxuriante, le sous bois est dense, garni de roseaux, genêts, ajoncs et souvent de mousses particulièrement attirantes, comme celles qui avaient accueilli mon bivouac il y a quelques jours, des mousses bien épaisses, jaunes et blanches, sans les aiguilles de pin qui les parsèment, on se laisserait bien aller à une petite sieste au soleil sur ce matelas douillet, encore faudrait-il que le soleil réponde présent à l'appel car, hélas, il commence à s'éclipser par moment.













Parvenu à la maison forestière du Lion, je constate que j'aurais pu quitter la plage à cet endroit, 5 à 6 km avant Lacanau, la marée n'étant pas encore trop haute.






A cet endroit, la côte est vraiment toute proche et on retrouve cette végétation de pins poussant au ras du sol, qui laisse place à des quantités d'arbres morts aux allures tourmentées, sorte de gibets sur lesquels ne manquent plus que quelques corbeaux.














Un peu plus loin je découvre cette «cabane» en deux parties, faite de branches et feuillage, qui aurait pu abriter un agréable bivouac, toutefois je veux poursuivre jusqu'à Lacanau pour refaire mon approvisionnement en ce samedi soir, car je ne suis pas certain de trouver un commerce d'alimentation ouvert dimanche matin.


Lacanau, paradis des surfeurs sur cette partie de la côte atlantique, est la station la plus importante entre le bassin d'Arcachon et la pointe de Grave, j'y arrive par le sud, longe les premières rues désertes, arrive vers des immeubles plus conséquents où je croise quelques personnes, un Carrefour Market est signalé un peu plus loin, c'est parfait pour faire le plein pour les deux jours suivants.

A la sortie du magasin, je donne la pièce à un gars qui fait la manche assis là à l'entrée accompagné de ses deux chiens et m'assois sur mon sac à dos pour discuter avec lui. En général, je fais comme beaucoup de personnes, hélas, et passe mon chemin sans le regarder, mais aujourd'hui je me sens d'une certaine façon SDF, je suis sur la route moi aussi, moi surtout, en effet alors que je m'étonne de le voir faire la manche dans un endroit aussi peu fréquenté en cette saison, il me dit avoir une chambre à Lacanau et qu'il aura un travail à la prochaine saison ici, la manche et quelques travaux de jardinage chez des retraités lui permettent d'arrondir son RSA et de patienter jusqu'au mois d'avril.

Je vois qu'ici, contrairement peut être à certaines grandes villes, les gens sont plutôt généreux, durant le temps où je suis resté et malgré la très faible fréquentation du magasin, il reçoit plusieurs pièces, quelqu'un lui file ses cigarettes, une dame en sortant lui remet un petit billet et sa petite fille un sac de croquettes pour les chiens, il commence a être connu et respecté ici. On parle de randonnée et j'apprends qu'il a parcouru en vélo avec une carriole une partie de l'Italie et de la Suisse, accompagné de ses chiens, à son rythme, dégagé de toute contrainte.
Les apparences sont souvent trompeuses, les «bonnes gens» se méfient de ce genre «d'individus», ce qui me ramène quelques années en arrière, encore une fois au temps de la gabare lorsqu'on effectuait le carénage annuel aux chantiers Tramasset, association qui réinsérait des jeunes en difficultés, échecs divers, drogue, etc... mais tous plutôt sympathiques, parmi eux il y en eut même deux qui devinrent de vrais copains, une allure à faire peur aux mamies, mais en réalité des anges.

C'est le bon côté de partir en randonnée à cette saison, on croise peu de monde, sauf en ville, mais on a droit à quelques rencontres inhabituelles.


Je suis surpris en débouchant sur la rue principale qui traverse Lacanau, d'y voir un nombre conséquent de véhicules, on pourrait se croire quelques mois plus tard en début de saison, boutiques de fringues, restos, bars, manège et cabane à chichis sont ouverts, il y a foule sur le front de mer, la tempête a attiré les curieux ce samedi après midi, venus admirer l'océan et ses lames qui déferlent et se brisent sous leurs yeux. Les appareils photos sont de sortie, il y a même une petite équipe de télé régionale qui réalise un sujet sur la dernière tempête.





Je commence à penser à ma prochaine nuit et après renseignements auprès de la météo, je suis heureux d'apprendre que cette nuit sera claire, sans pluie et sans vent, incroyable.


Je décide aussitôt de passer enfin une première nuit dans les dunes, je quitte la foule du front de mer et poursuis ma route au nord dans un chemin forestier sur 2 km environ pour être loin de la station, avant de filer vers la plage. J'aurai parcouru 27 km aujourd'hui.



Quelques minutes plus tard je me trouve en haut de la dune avec vue sur l'océan et tout au loin Lacanau, ce soir je délaisse la tente et n'installe que le matelas et le duvet dans le sursac, mon petit diner se fera face au soleil couchant derrière la dune, la nuit vient vite, réfugié au chaud dans mon duvet je peux contempler à loisir la voute céleste.


Ce soir j'ai la tête dans les étoiles, situation propice à tous les rêves, porte ouverte vers l'infini, j'ai envie d'un télescope pour admirer ce qui est sans doute le plus fabuleux spectacle qu'on puisse observer, tan-pis je me contenterai de l'imaginer.
Et puis je m'endors tardivement en pensant à un petit extra terrestre, il y en a sans aucun doute, qui lève peut être les yeux dans son ciel et aperçoit en ce moment tout là bas au fond de l'univers une petite étoile, notre soleil.





7 avril 2014

Mon rendez-vous.

Vendredi 28 Février.

Cette journée de repos m'a permis de recharger les batteries avec quelques heures de vrai sommeil supplémentaires, deux nuits pleines et grasse matinée, ce matin encore je peux flemmarder dans mon lit, j'ai préparé mon sac à dos hier soir, départ à 9h30.


Faute d'avoir pu traverser en bateau, je suis contraint de contourner le bassin, mon train part vers 10h pour Biganos, à quelques kilomètres seulement, ½ heure d'attente pour prendre l'autocar Transgironde jusqu'à Andernos, si j'ai eu droit à une journée bien ensoleillée hier, c'est bien fini, les premières averses arrivent avant Andernos. 




Le terminus de l'autocar se fait juste en face de l'Intermarché local, disposant de 20 minutes avant de prendre le suivant j'en profite pour faire l'approvisionnement que je pensais réaliser au Cap Ferret.

Arès, Lège, Claouey, Le Piquey, Piraillan, Le Canon, l'autocar fait de multiples arrêts et ayant mes provisions, je peux descendre au rond point de l'Herbe un peu avant Cap Ferret.
Juste quelques gouttes sous le ciel bien gris, un petit kilomètre plus loin j'arrive au cimetière du Cap Ferret où je veux me recueillir.

Je ne sais pas où se trouve la tombe de Nils, mais le cimetière est petit, je prends donc la première allée à gauche, puis la suivante, dans ce cimetière en pente sur une dune.


J'arrive enfin sur cette tombe tout en haut du cimetière, je suis ému à la vue de son nom, je le suis moins sur une tombe qui m'est familière. Là c'est différent, un peu comme se recueillir sur la tombe d'un personnage célèbre, grand écrivain, peintre, musicien, aventurier, quelqu'un qu'on n'a pas rencontré, mais pour lequel on éprouve de l'admiration, enfin je le ressens ainsi, ce n'est pas un simple monument. Je ne connaissais pas Nils, ne l'ai jamais approché et là suis tout proche, avec toutefois une terrible frontière entre nous.








Je remarque une grappe de raisin, un verre, rappelant sa formation, son bonnet et bien sûr un petit vélo pour se souvenir à jamais de son odyssée d'exception, il y a aussi quelques coquillages disposés là... 

...j'en rajoute deux, ramassés le premier jour de ma randonnée, j'avais prévu d'en glaner tout au long de la côte, hélas je n'ai que peu fréquenté les plages. 
Je déposerai aussi un petit bouquet de fleurs, nous sommes le dernier jour de février, Nils nous a quitté il y a 6 mois, le dernier jour d'août.

Je reste un bon moment assis là, à lui «parler», nous avons des choses en commun et lui qui disait à propos de son aventure «tout le monde peut le faire», je sais aujourd'hui qu'il a raison, je suis parti sans être certain d'arriver au bout de ces 400 kilomètres mais maintenant je me sens capable d'en parcourir 1000 ou 2000 à pied, il n'y a pas de différence.
 
Quelles aventures aurait-il connu, où serait-il parti, c'est terriblement injuste de priver de ses rêves un garçon qui a tant à faire sur cette terre, quand d'autres ont des vies futiles, dénuées de sens.
Et puis il y a la mort et l'énigme qui l'accompagne, celle de l'au delà et de l'aventure que cela pourrait constituer pour notre esprit. Et si on pouvait se retrouver et partager...

Je quitte le cimetière avec le retour de la pluie, pour une fois elle est de circonstance.


Avant de rejoindre les pistes cyclables, je vais contempler l'océan qui gronde tout proche avec un besoin de respirer l'air du large, un besoin d'immensité et de solitude.


Le vent souffle si fort qu'avant la dernière dune je laisse mon sac à dos, qui me déséquilibre, dans le sable et poursuis jusqu'à la plage où je reste assis là quelques instants, la nature même en furie est superbe et je ressens ici encore davantage la folie de l'homme.





Il me faut reprendre mon chemin, 14 km cet après midi, jusqu'au Grand Crohot.








Lorsque j'y parviens j'essaye de trouver un coin à l'abri de la dune, pour sortir un peu des bivouacs en forêt, mais le vent est toujours aussi violent et la dune ne suffit pas pour être protégé. 



J'aperçois bien un gros blockhaus qui ferait bien mon affaire, hélas il est entouré d'un grillage, son accès est interdit compte tenu de son état de délabrement. 



Je trouve donc refuge sous les tous premiers conifères qui poussent derrière, leurs branches à ras du sol forment une bonne protection contre le vent, j'en trouve un relativement touffu et me glisse sous ses branches pour installer mon campement, la tente dans le sens du vent.






Ce soir la pluie a cessé et les prévisions météo vont vers une amélioration de courte durée, de quoi reprendre je l'espère mes promenades sur le sable. Comme chaque soir je suis couché de bonne heure, bien fatigué aujourd'hui sans avoir parcouru de nombreux kilomètres, sans doute du fait du caractère particulier que j'ai donné à cette journée.



2 avril 2014

Gujan-Mestras et la tradition.

Jeudi 27 Février.

Ce matin je me réveille au sec après cette douce nuit. Sèches, sont aussi toutes mes affaires que je vais pouvoir ranger méthodiquement dans les sacs achetés hier.
Savez vous ce que je fais ce matin au réveil, eh oui, je file sous la douche bien chaude, rien de tel pour se déverrouiller. 


Un bon petit déjeuner, complet et varié, ensuite je prépare ma journée, j'ai prévu de faire une grande promenade à Gujan-Mestras, histoire de marcher un peu, mais avant je m'occupe de l'envoi de mon colis d'affaires superflues.

Je me renseigne aussi sur la météo des prochains jours, ce n'est pas brillant, une forte tempête est attendue dès ce soir, ce qui m'inquiète pour la traversée du bassin en bateau prévue demain matin, pas sûr que le service sera assuré.


Pour l'heure, le soleil a envahi le ciel pour la journée, il est temps de démarrer ma balade à Gujan, direction les ports ostréicoles de Larros, du Canal et de la Barbotière.


Je viens là pour prendre quelques photos des cabanes d'ostréiculteurs et des bateaux...









...dont ce beau canot sardinier traditionnel, l'Argo II, 









ce qui me vaut le plaisir d'une agréable rencontre, en effet un habitué des lieux vient nourrir quelques canards qui visiblement le connaissent bien. 


Ce monsieur, m'indique que c'est son association qui est à l'origine de la construction de ce bateau et il m'invite dans le local de l'asso situé juste en face...







...bien sûr cela me ramène quelques années en arrière avec notre association et notre bateau, la gabare de Gironde, époque où nous participions à des rassemblements de bateaux traditionnels.


Nous parlons du patrimoine maritime du bassin, qui a bien évolué depuis le temps où j'étais dans la région, en 1988-89 lors d'une première fête nautique au port de Larros, il n'y avait que quelques pinasses. 

C'est Pierre Mallet qui fut l'initiateur de cette fête et qui lança un projet de reconstruction d'un bac à voiles typique du bassin d'Arcachon, je l'ai rencontré 2 ou 3 fois chez Christine et Pierre Géricot, les grands-parents de Nils, avec qui il était lié d'amitié. 
Malheureusement Pierre Mallet disparaîtra en 1989 suite à un tragique et stupide accident, avant de voir son projet se concrétiser.
"Président Pierre Mallet"- Photo:http://peterjbrand.over-blog.com/


Ce bac à voiles verra le jour en 1992 avec le concours lancé par la revue « Le Chasse Marée » pour la reconstitution d'un patrimoine maritime français, tout naturellement ce bateau fut baptisé « Président Pierre Mallet », depuis d'autres bacs à voiles furent construits dans les différents ports du bassin, ainsi que des pinassotes et d'autres canots comme ce magnifique Argo II.



J'ai maintenant un guide qui m'emmène visiter leur chantier-atelier de rénovation de canots en bois. 


Nous passons devant les chantiers Guy Couach qui terminent la construction d'un yacht d'une cinquantaine de mètres, dernier joujou d'un très riche propriétaire, l'impressionnant bateau dont la mise à l'eau est programmée dans quelques jours attire les curieux qui tentent d'imaginer le luxe qui peut régner à l'intérieur de ce type de navire.




Avec la visite du chantier de l'association Argo Nautique je me remémore les chantiers Tramasset (au Tourne près de Langoiran) et la bande de copains qui nous aidaient au carénage annuel de la gabare, je me souviens aussi des Chantiers Durand constructeurs de la gabare en 1992-93 qui avaient tout d'un musée de la construction de bateaux en bois. 



Après cette découverte je remercie mon guide et poursuis ma balade le long des cabanes ostréicoles.


Si vous voulez en savoir davantage sur l'association Argo Nautique et le canot sardinier Argo II, vous pouvez consulter leur site et blog, vous y trouverez en particulier de nombreuses photos de la construction du bateau, c'est ici:
site: http://www.argonautique.org
et blog: http://argo.blog4ever.com







En fin d'après midi, de retour à La Teste je me renseigne auprès de l'UBA, union des bateliers, pour la traversée du bassin demain matin, j'apprends ainsi qu'en raison de la tempête prévue avec des vents de plus de 110 km/h le service sera interrompu, ne pouvant rester à attendre une accalmie improbable dans les 48 h, il me faut trouver une solution de rechange pour contourner le bassin d'Arcachon. 



Je n'avais pas prévu de le faire à pied, car ce serait marcher presque en continu dans des zones habitées, non merci, j'ai déjà donné. 






Le choix doit se faire entre l'autostop et les transports en commun s'ils existent à cette saison. Je file à l'Office de Tourisme, qui me fournit les horaires des différentes lignes, en combinant le tout je parviens à une bonne solution, un train de La Teste à Biganos, ½ h d'attente pour poursuivre avec un autocar TransGironde jusqu'à Andernos et une correspondance avec un second autocar TransGironde qui me mènera au Cap Ferret, voyage en deux heures pour un coût très modique, le tarif TransGironde, service du Conseil Général, étant de 2,5€ quelque soit la destination.


Je suis vraiment content de m'être octroyé cette journée de repos dans ma randonnée, en profitant tout particulièrement avec cette agréable rencontre à Gujan-Mestras, une autre rencontre, bien plus émouvante celle là, m'attend demain au Cap Ferret, j'y pense déjà.



Et si on faisait une pause.

Mercredi 26 Février.

Il a plu toute la nuit, ce n'est qu'au petit matin que le vent a dissipé par intermittence les nuages et la pluie. Inutile de vous dire dans quel état je me trouve ce matin là, je n'ai qu'une envie, repartir le plus tôt possible.

Aujourd'hui j'arrive à mi parcours environ avec la traversée vers Cap Ferret, après ces derniers jours relativement fatigants du fait des distances parcourues et de la météo, je décide de m'octroyer une journée de repos demain que je consacrerai à une promenade vers Gujan-Mestras pour ne pas perdre le rythme.


Cette décision prise, je ne m'embarrasse pas à ranger soigneusement mes affaires, j'entasse tout pelle-mêle dans le sac à dos, car il faudra tout faire sécher ce soir.
Je suis relativement près du bassin et devrai arriver avant midi à La Teste où je veux chercher une chambre.

Parvenu là, j'ai du mal à reconnaître la ville qui a bien changé en 25 ans, après avoir tourné dans le centre autour du marché et d'un centre commercial, je fini par trouver un hôtel et une chambre pour deux nuits, le hasard veut qu'il soit situé à une vingtaine de mètres de l'appartement que j'ai occupé autrefois durant 2 ou 3 ans.
Il n'est pas tout à fait midi, mais je peux tout de même disposer de la chambre de suite.

Je crois ne pas être dans la chambre depuis plus d'une minute, que je suis déjà à poil pour me glisser sous une douche bien chaude, vous ne pouvez imaginer le plaisir que çà constitue après plusieurs jours passés dehors, j'ai bien du y rester dix minutes à gaspiller l'eau, désolé, avant de m'étendre sur le lit un long moment en réfléchissant à la suite et ce qu'il convient de faire pour améliorer le reste de la randonnée.



Le soleil étant revenu, je passe une partie de l'après midi au port ostréicole de La Teste qui, lui, n'a pas changé, le patrimoine est conservé, cabanes et pinasses, tout y est.


Durant cette promenade je réalise que même en ayant réduit le poids de mon sac à dos par rapport à l'hiver dernier, j'ai encore trop de choses dont je peux me passer, qui ne m'ont pas servi durant cette première moitié de parcours et ne me seront pas plus utiles pour la suite.


Je décide donc d'alléger mon sac en expédiant dans un colis ce que je considère comme superflu et que je récupèrerai chez moi au retour.









2 tee-shirts + 2 tee-shirts techniques c'est 2 de trop, un de chaque suffit etc. je confectionne ainsi un colis postal de 2 kg, autant en moins sur le dos, avec 2 tee-shirts, 2 slips, le drap de soie, le pied de l'appareil photo, un livre que j'ai fini de lire, 2 cartes IGN, 1 paire de chaussettes, 2 ou 3 autres bricoles et même mon pantalon de rando, ne conservant que le surpantalon imperméable et le caleçon technique en cas de froid.


Je trouve aussi une idée pour garder mes affaires au sec, j'achète des sacs congélateur avec zip et range tout dans ces sacs hermétiques, plus rien n'est à même dans le sac à dos, je n'ai plus à craindre l'humidité.









Ce soir, comme à Mimizan, la chambre se mute en capharnaüm, çà tombe bien étant dans un village de pêcheurs, matelas, duvet, sursac, sac à dos, tente … à faire sécher, auxquels s'ajoute ma petite lessive, tee-shirts, slips, chaussettes.



Le dernier passage de la journée par la case douche, c'est tellement bon, puis machinalement j'allume la télé de la chambre, je zappe, série policière américaine, meurtres, enquêtes, contre-enquêtes, cuisine à tout va, infos... la magouille de Copé, j'éteins, pourquoi ai je allumé ? 





Puis dodo dans un vrai lit, le bonheur.








La Loire en kayak - Projet photo et vidéo

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